Le Divorce
Le divorce est une réalité courante dans notre culture, mais pour de nombreux chrétiens pris au piège d’un mariage brisé, il pose un dilemme moral difficile. Doivent-ils rester dans une relation malsaine, voire nuisible, en honorant leurs vœux et leur engagement ? Ou doivent-ils aller à l’encontre de leurs convictions et demander le divorce ? Ces choix difficiles peuvent laisser les chrétiens dans une sorte d’incertitude : ils ne se sentent plus engagés dans un mariage irréparable, mais sont incapables de faire le pas suivant vers une nouvelle vie.
Que Dit la Bible à Propos du Divorce ?
Regardons d’abord ce que dit la Bible. Le Deutéronome nous donne la seule loi concernant le divorce dans l’Ancien Testament. Ici, les Israélites reçoivent une loi qui permet le divorce, autorisant un homme à écrire à sa femme une « lettre de divorce » si elle « ne lui plaît pas » et « elle est libre d’épouser un autre homme » (Deutéronome 24:1-2). Les opinions diffèrent sur l’intention de cette loi, mais la plupart des théologiens s’accordent à dire que ce passage sur le divorce visait en fait à PROTÉGER les personnes concernées par une situation de divorce ou de remariage.
Dans le Nouveau Testament, Jésus offre une perspective plus nuancée. Dans Matthieu, les Pharisiens demandent à Jésus : « Est-il permis à un homme de répudier sa femme pour n’importe quel motif ? » (Matthieu 19:3). Ce verset est précédé par la phrase « les Pharisiens vinrent pour le mettre à l’épreuve », essayant d’obtenir une réponse tranchée pour déterminer la position de Jésus sur la loi de Moïse concernant le divorce. Mais Jésus connaît leurs cœurs et intentions, et reconnaît leur dureté. Au lieu de répondre directement, Jésus cite la Genèse et conclut : « Que l’homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni. » Comme les Pharisiens insistaient, Jésus profite de l’occasion pour expliquer que le divorce n’était pas l’intention originelle de Dieu : « Moïse vous a permis de divorcer uniquement à cause de la dureté de votre cœur, mais ce n’était pas l’intention première de Dieu… quiconque divorce et épouse quelqu’un d’autre commet un adultère. »
Nous voyons ici une situation similaire à celle où Pierre interroge Jésus sur le pardon dans Matthieu 18. Pierre demande : « Combien de fois dois-je pardonner… sept fois ? » Mais comme les Pharisiens, Pierre ne posait pas cette question parce qu’il voulait vraiment la réponse. Il cherchait à se valoriser, et Jésus l’a compris immédiatement. Jésus répond que la norme divine serait de pardonner soixante-dix-sept fois.
Ces passages sur le divorce illustrent parfaitement ce que Jésus attend de nous. Il ne veut pas d’un cœur réticent. Il ne veut pas que nous cochions simplement des cases. Il veut que nous fassions tout notre possible pour LE poursuivre. Le poursuivre avec un cœur pur, pas vivre en faisant le minimum, mais avec un cœur qui est une offrande pour Lui.
Motifs de Divorce
La foi chrétienne n’encourage pas le divorce. Elle ne l’approuve pas à la légère. Mais dans certaines circonstances, le divorce est justifié. Lesquelles ? L’image de la création « devenir une seule chair » nous donne un indice. Dieu souhaite qu’un couple marié devienne si proche physiquement, émotionnellement et spirituellement qu’ils soient « une seule chair. » Quand quelque chose de grave s’interpose entre eux au point qu’ils ne peuvent plus être « un », leur lien conjugal est brisé. Cette rupture est une dure réalité signifiant que le mariage est terminé. Souvent, les mariages se brisent même avant que quelqu’un décide officiellement de divorcer.
- L’adultère L’adultère est une rupture que Jésus mentionne spécifiquement. L’infidélité a détruit des mariages depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours. Bien sûr, les mariages se brisent aussi pour d’autres raisons. Outre l’adultère, les causes typiques de rupture résultent de ce que j’appelle les trois « A » : addiction, abus et abandon.
- L’addiction Sans traitement, l’addiction consume tout sur son passage. La personne dépendante choisit les drogues ou l’alcool avant son mariage, ses enfants et son travail. À un moment donné, le conjoint devra prendre la décision difficile de se protéger et de protéger ses enfants, en déclarant le mariage irrémédiablement brisé. Le mariage est censé être une joie pour la vie, pas une « prison » avec un conjoint dépendant.
- Les abus On pense souvent aux abus physiques, mais ils peuvent aussi être émotionnels et verbaux. Votre conjoint vous traite-t-il différemment en public et en privé ? Vous insulte-t-il, vous rabaisse-t-il ou vous intimide-t-il ? Ce ne sont que quelques exemples d’abus non physiques. Les couples consciencieux travailleront à résoudre ces problèmes, mais des abus persistants peuvent rendre un mariage malsain et dangereux. Blesser son conjoint de façon répétée et sans remords – physiquement ou émotionnellement – viole « l’unité » que Dieu envisage pour le mariage et peut mener à la rupture.
- L’abandon Enfin, la rupture peut résulter d’un abandon. Qu’il soit physique ou émotionnel, lorsqu’un conjoint se désengage de ses vœux de mariage, le conjoint abandonné n’est pas tenu de rester fidèle à ses propres vœux au point que le mariage, censé être une bénédiction, devienne une malédiction.
Quand un partenariat conjugal se dissout – quelle qu’en soit la raison – un mariage peut ressembler à une coquille vide qui n’honore plus la vision divine de « l’unité ». S’unir, et non se séparer, est après tout la raison d’être du mariage. Si vous vous sentez de plus en plus seul dans votre mariage malgré vos efforts pour résoudre les problèmes, il peut être utile de vous demander si votre conjoint a abandonné son devoir d’être « un » avec vous.
Dieu a établi le mariage comme une bénédiction, mais souvent nos faiblesses humaines en font un fardeau insupportable. Ce n’est pas dans le dessein de Dieu ; la Bible reconnaît des motifs de divorce lorsque l’unité du mariage s’est brisée.
Si vous êtes chrétien dans un mariage malsain ou dangereux, envisagez de consulter un avocat familial qui partage votre foi. Un avocat chrétien peut vous aider à explorer vos options, non seulement d’un point de vue juridique, mais aussi dans une perspective de foi.

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